Novembre 2018 – Gibraltar, Maroc et Canaries

 

Pas le mois le plus fun depuis le départ de France…

 

On repoussait ce moment depuis 2 ans , mais il est bel et bien temps de sortir Aukena de l’eau pour un carénage ô combien nécessaire (quoique, on est quand même étonnés de la propreté de la coque !) et quelques travaux of course.

Après moult réflexion pour trouver LE chantier qui 1. peut soulever nos 14 tonnes, 2. ne nous coûtera pas trop cher et 3. nous laissera dormir sur le bateau à sec, on se dirige avec réticence vers Isla Verde, juste en face de Gibraltar.

La ville s’avère conforme à nos (basses) attentes, elle se limite à son énorme port de commerce et de transit vers l’Afrique et le Maroc. Pas de centre historique ou piéton mignon à proprement parler, l’avantage c’est qu’on reste concentrés sur les travaux…

Peinture, bois, soudure, tout y passe, Antoine s’attaque à la construction d’un régulateur d’allure, pendant que je (Marion) grimpe et regrimpe en haut du mât pour modifier quelques drisses. On fait également tomber le safran pour refaire les paliers de teflon qui avaient du jeu, ce qui perturbait le pilote auto.

Mousse n’a pas l’air d’avoir envie de découvrir le monde qui s’étend au-delà des filières, et préfère participer à toutes les activités ! Grosse efficacité !

Conclusion : on aurait mieux fait de chercher un autre chantierLe site est certes sécurisé et propre (mis à part les douches mais il ne faut jamais trop demander d’un chantier à sec), mais très éloigné de la ville, et situé de plus JUSTE en face d’une station d’épuration … Odeurs sympatoches du matin au soir. L’addition a été bien (mais BIEN) plus salée que prévu – des taxes par ci par là plus tout le matériel acheté sur place -, enfin bref on n’y reviendra pas !

 

10 novembre – Départ pour les Canaries

Départ donc le coeur lourd et le portefeuille léger d’Algeciras, en espérant faire route directe sur les Canaries. Que nenni ! Après une énième tentative ratée de comprendre les courants du détroit de Gibraltar, on part avec 2 ou 3 noeuds de courant dans le nez, que l’on gardera pendant bien … 7h. Top.

Le vent est également dans notre nez, sinon ça ne serait pas drôle. On fait nos pires moyennes depuis l’achat du bateau, 3 noeuds sur 18h, les vagues sont courtes, le bateau tape, enfin c’est vraiment pas la joie. Et c’est pas fini …

Le pilote choisit ce moment pour nous lâcher.

Explication : avec ses nouveaux manchons en Teflon, l’axe de notre safran n’a plus aucun jeu, mais vraiment PLUS AUCUN. Bon, OK, on aurait pu se douter que ça poserait problème quand on l’a rerentré au marteau, et qu’on avait du mal à le faire tourner à la main… Le pilote décide donc tout bonnement que le safran est trop dur pour lui. Il abandonne toute vélléité de pilotage.

Les îles Canaries sont encore à 300 Nm, et la météo va s’empirant.

 

15 novembre – Agadir

On jette l’éponge et on met le cap sur Agadir, dont on avait entendu du bien en termes d’abri. Par contre, gros stress à la lecture des règlements de douane du Maroc…

  • Test antirabique obligatoire pour les animaux (euuh)
  • Liste exhaustive de la nourriture à bord (euuuuh)
  • Pas plus d’1L d’alcool par personne (euuuuuuh)
  • Drones strictement interdits (euuuuuuuuh)

Dans les faits, les officiers montent à bord et ouvrent vaguement deux trois placards, bloquent un peu devant le nombre de bouteilles fièrement exhibées dans le carré, et font une caresse à Mousse. Ils doivent avoir l’habitude des bateaux de voyage…

 

On est bloqués, mais pas dépités. il y a 6 mètres de houle dehors ? C’est parfait pour le surf ! Pas de vent ? Parfait pour le parapente !

On trouve tout plein d’activités autour d’Agadir, et surtout une bonne vie de ponton avec pleins de français bloqués comme nous : Bernard, Mathieu et Gérald sur Sourire déjà croisés à Gibraltar, Luc, Brigitte et Christian sur Foxy Lady, Coleman et Vianney sur Constance … Apéros et tout ce qui s’ensuit.

 

22 novembre – Départ 

Tous les bateaux partent à peu près en même temps, certains pour Lanzarote, d’autres la Graciosa, d’autres encore directement pour Gran Canaria. On ne vise rien en particulier, on verra où le vent nous mène.

Aukena a gagné 2 équipiers pour ce trajet !

Maxime et Alexandre font un tour du monde à vélo (leur site ici, et leur facebook là !) , et on est ravis de leur avoir permis de faire ce tout petit bout de chemin. Malgré un peu de mal de mer, ils ont fait leurs quarts, supporté Mousse, fait la cuisine, enfin des équipiers plus que parfaits 🙂 on pêche même une petite bonite pour les initier aux joies de la pêche !

 

25 novembre – La Graciosa

Parce qu’on en a un peu marre, et parce que « le vent sera meilleur demain », on décide de s’arrêter sur cette île presque déserte de La Graciosa. On fait bien C’est beau, c’est tranquille, il n’y a rien à faire mais les gens sont contents … C’est un endroit hors du temps, l’escale idéale des marins en quête de calme.

Après une petite ascension/escalade de colline volcanique, une bière pour fêter la première « traversée » d’Alex et Max, gros repos et départ le lendemain pour Las Palmas de Gran Canaria.

 

26 novembre – Las Palmas de Gran Canaria

Point de départ de tant de traversées, fief de l’A.R.C. (envoyez des sioux!), port de commerce et de ferries … Las Palmas, c’est beaucoup de choses, mais pour nous ça se résumera à une soirée au bar de la marina, en compagnie de 10 ou 15 bateau-stoppeurs de toutes nationalités.

  • Sensation bizarre pour moi (Marion) : la proximité s’installe immédiatement avec le groupe, car nous faisons partie de la même communauté des jeunes en bateau qui ont réussi à arriver aux Canaries. Et pourtant, un décalage persiste, car nous sommes également de la caste des « propriétaires »… Les dizaines d’affichettes de ceux qui cherchent un embarquement pour les Antilles nous appellent, presque culpabilisatrices. Oui, mais si on veut faire la traversée tout seuls ..?

 

27 novembre – Arguineguin

Le lendemain, nous abandonnons Max et Alex, et partons pour notre vraie destination, Arguineguin, où nous allons commencer notre stage de deux mois pour devenir instructeurs de plongée sous-marine. Le mouillage est protégé, gratuit, et la vie professionnelle recommence !

 

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