Mars 2019 – Sénégal

Attention, l’article est long, à l’image de notre amour pour le pays…

 

Enfin, notre première escale hors Europe !

Le Sénégal, ça commence par Dakar, et heureusement que ça finit par autre chose. La ville est une capitale africaine avec tous les problèmes qui vont avec : bruit, pollution, arnaques et sollicitations tous les 10m dans les rues. Mais c’est aussi des couleurs incroyables, des odeurs, des goûts… On y découvre les étalages de tissu Wax, le poulet Yassa, le tiéboudienne, la bière gazelle et quelques mots en Wolof.

 

D’AILLEURS ! Information capitale que nous n’apprendrons que plus tard : en Wolof, le mot « chat » se dit Muus, prononcez Mousse !! Elle était prédestinée… Et je suis douée en choix de nom.

 

Après les obligatoires démarches administratives qui se passent étonnamment bien, nous nous établissons au Cercle de Voile de Dakar (CVD pour les intimes). On sent que l’endroit a été the place to be pendant longtemps, mais le déclin du tourisme dans tout le pays a bien entamé sa réputation et ses services. Seule bouée de sauvetage : Nango, le taximan régulièrement affrété par l’association Voiles sans Frontières, qui nous aide volontiers pour des prix toujours raisonnables.

 

Entre deux réparations, nous avons le temps de voir du monde : Laurent nous donne le contact d’une famille d’amis, les Diallo, et on trouvera chez eux l’accueil le plus incroyable qui soit. L’aide, le partage et le don sont la chose la plus naturelle du monde chez eux, et on ne sait comment les remercier !

Dans un registre complètement différent, Rémi le cousin de Marion nous parle aussi d’un de ses meilleurs amis qui vit à Dakar. Quelques heures plus tard, nous retrouvons Mehdi sur LE spot de surf de la ville, et passons une fin d’après-midi avec lui devant les vagues et le soleil déclinant. La vie est douce…

 

Dernier jour à Dakar, passage indispensable sur l’île de Gorée. Le lieu est gorgé d’histoire sanglante, mais on ne peut s’empêcher de s’y sentir bien tant le calme fait écho au fourmillement de la capitale. La maison des esclaves est douloureuse à visiter, mais assaillie par tant de touristes que les discours et photos en semblent presque faux. Je préfère garder le souvenir de cette petite galerie/boutique improvisée sous le canon principal de l’île, tenue par un homme et son chat. Il y règne une ambiance vraiment particulière…

 

6 mars – Sine Saloum

C’est frustrant, tellement à faire en trop peu de temps !

Après avoir fait nos adieux à Chloé et Julien, qui continuent comme prévu leur trip à vélo jusqu’au Burkina Faso, nous quittons – toujours sous l’harmattan – la saleté de Dakar pour aller visiter les méandres du Sine Saloum.

C’était l’un des objectifs principaux de notre séjour au Sénégal, notamment pour aller retrouver Karine et Philippe, qui effectuent à bord de leur trimaran Yobalema des missions pour Voiles Sans Frontières à travers tout le Sénégal.

Outre le fait qu’ils sont très sympas, nous avons une autre raison tout à fait intéressée de les retrouver avant notre entrée dans le fleuve : ils nous filent en effet les traces GPS de plusieurs passages difficiles du Saloum, et nous les suivons même jusqu’à notre première escale, Ndangane. Sans eux, nous aurions peut-être fait 3 milles avant d’abandonner complètement et de partir au Brésil, tant les bancs de sable sont traîtres et imprévisibles…

 

Ndangane est un village tout en une rue. Les traditionnelles échoppes de productions artisanales côtoient restaurants et magasins, et des pirogues viennent régulièrement débarquer quelques touristes pour des visites à la journée. Les pélicans veillent et la chaleur est presque insupportable ; notre rencontre principale sera Gaby, qui tient le magasin d’alcool (honhon).

Après 3 jours, nous nous dirigeons vers l’île de Mar Lodj, qui a la particularité de posséder à la fois une mosquée et une église. La messe du dimanche matin est apparemment un évènement à ne pas louper, et effectivement, un petit coup de christianisme bien senti au son du tam tam, ça réveille ! On retrouve aussi Gaby qui habite là, Antoine en profite pour lui réparer son convertisseur électrique et se faire inviter à déjeuner.

Mar Lodj, c’est aussi Bertrand et son association Wagaaa, qui promeut l’écotourisme dans le Sine Saloum. Il organise excursions, formations et actions pour participer au développement conscient et responsable de la zone, et on trouve ça plutôt chouette !

 

18 mars – Casamance, amour toujours

Et dire qu’on a fait que cette minuscule trace en rouge en bas…

Notre autorisation de rester sur le territoire n’étant que d’un mois, on décide d’aller à l’encontre des conseils de la plupart des gens rencontrés et de la majorité des Internets, et d’aller en Casamance. La zone serait paraît-il dangereuse…

 

Eh bien c’est pour l’instant le seul endroit de tous nos voyages où l’on laisse sereinement le bateau grand ouvert, et où l’on se pose jamais de questions. C’est un coup de cœur absolu, à tel point qu’on hésite – vraiment – à y rester 6 mois pour traverser l’année suivante.

 

Les gens sont d’une bonté absolue, drôles, intéressants, ouverts, enfin on pourrait leur coller les adjectifs les plus dithyrambiques que ça ne serait toujours pas assez. Les bolongs (bras de rivière qui serpentent entre la mangrove) s’étendent sur des milliers de km2, pas de quoi s’ennuyer… En plus, grâce à notre sauveur absolu Benoît, on comprend enfin comment fonctionne la topographie des fonds, et on ne touche plus que 2 ou 3 fois le fond par sortie, contre 10 ou 12 auparavant (ça fait rire Antoine, beaucoup moins Marion)

 

Découvertes notables et notées :

 

  • L’île d’Ehidj: Fief de Benoît qui a carrément sédentarisé son catamaran là-bas. Appelée « l’île des féticheurs » pour les touristes, c’est une île très animiste, habitée majoritairement par 7 branches d’une même famille. Léon y a ouvert un restaurant-chambres d’hôtes sur la plage, qui devient dès le premier soir notre QG bière/ti punch, et Oussmane nous y apprend un peu la planche à voile…

 

  • L’île de Djirouatou: plus précisément le campement de Rebecca et Agolène (et Elian !), La Palmeraie des Robinsons. Ecrin protégé, famille adorable, loutre sympathique (oui oui)… Rebecca et son fils Elian sont arrivés en bateau il y a quelques temps, et ne sont plus jamais repartis : forcément, on s’identifie ! On les quitte à grand grand regret !

 

  • Le campement d’Eguey : l’approche est fourbe, mais Benoît fait encore une fois le guide, on arrive à y mouiller après « seulement » 45min sur des bancs de sable. On y mange les meilleures huîtres de palétuvier au feu de bois du monde et on va chercher des crocodiles qui font apparemment la sieste OKLM puisqu’on n’en voit pas un.

Tous les villages sont différents, avec une âme particulière. On se voit déjà sillonner le fleuve pendant quelques mois, aidant ici à installer des panneaux solaires, là à monter une pompe d’eau douce, et là à donner des cours d’anglais…

 

Mais la réalité nous rattrape, et on revient à la raison. Rester là-bas voudrait dire décaler encore une fois notre voyage d’une année entière, payer une autorisation temporaire et faire un tas de paperasses, et SURTOUT ne pas voir Antoine et Erell que l’on a prévu de retrouver au Brésil !!

 

Ce sera donc Caïpirinhas pour nous, et on quitte le territoire sénégalais le 28 février, le coeur lourd et les yeux presque humides. Comme on nous l’a dit à Djirouatou, « en bateau, le jour où tu pleures parce que tu quittes un endroit, c’est peut-être qu’il faut que t’y restes… »

 

Direction le Brésil donc, prochain article : traversée de l’Atlantique, 3ème édition !

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