Gibraltar > Cascais > Nantes

3ème navigation

Gibraltar > Cascais > Nantes

1050 Nm

10 jours (dont 3 nuits d’arrêt)


Ou la leçon d’humilité


 

12 octobre : Traversée du détroit de Gibraltar

Nous nous sommes bien sûr renseignés sur les courants à l’intérieur du détroit, mais toutes nos sources se contredisent ou presque : pour certains, le courant à l’intérieur du détroit est toujours orienté vers l’est, mais son intensité varie en fonction des marées ; pour d’autres, il s’inverse à chaque marée haute ; pour d’autres encore, il s’inverse 3 heures après la marée haute… Et bien sûr tout cela varie en fonction de notre distance par rapport à la côte.

Nous décidons de partir un peu après la marée haute. La sortie de la baie se passe merveilleusement bien, il fait beau, il y a des dauphins, bref.

Et là, c’est le drame. Notre vitesse baisse à toute vitesse, nous poussons le moteur mais rien n’y fait. Je vois des petits maelstrom se former tout autour de nous, le courant atteint facilement les 5 nœuds (sans speedo, nous ne pouvons vérifier). Nous dérivons de manière inquiétante.

Pas de panique, nous décidons de nous rapprocher de la côte en espérant que le courant y sera moins puissant, nous pourrons continuer notre route au moteur. C’est bien le cas, mais…

Drame nº2 : le moteur se met à fumer, il est brûlant, nous l’arrêtons en catastrophe.

 

Presque pas de vent, 5kn de courant, plus de moteur, nous sommes en panne en plein milieu du détroit de Gibraltar, et la nuit tombe. Faire pire ? Difficile …

 

Après quelques minutes pour reprendre notre calme, nous commençons à tirer des bords misérables vers la sortie du détroit. Nous parvenons à peine à faire du surplace en évitant la bande de courant qui nous menace à quelques mètres. Il faut prendre une décision. Nous appelons un ami super-calé en moteur, qui nous rassure un peu : il ne s’agirait que de la pompe de refroidissement, pièce « facilement » réparable ou changeable. Minuscule lueur d’espoir, et prière muette à notre cher ancien propriétaire Paul : y aurait-il une pompe de rechange quelque part dans le bateau ? Aussi fou que cela puisse paraître, OUI.

Nous nous laissons donc porter par le courant jusqu’à une petite crique, et mettons l’ancre comme nous pouvons.


 

Repos et soulagement

Réveil étonné le lendemain, car tout ce que nous avions de notre crique se résumait aux taches noires de l’écran du radar, et elle se révèle plutôt jolie :

13 octobre, l’eau étant un peu trop froide pour un plongeon, nous nous contentons de changer la pompe et de repartir.

Cascais (Lisbonne) : nous y retrouvons avec joie Jean et Marcia, que nous n’avions pas vus depuis notre départ pour le tour de l’Atlantique l’année dernière. Nous partageons caïpirinhas et souvenirs dans son gigantesque cockpit (Môsieur possède un SUPER Maramu 2000).

Le lendemain, nous mettons cap sur la pointe de l’Espagne, direction Camariñas ou Vigo.

 


 

Un jour de navigation dans un brouillard à couper au couteau, et le destin s’en prend de nouveau à nous. La pompe TOUTE NEUVE recommence à chauffer.

Explication technique: la clavette du rouet étant légèrement rongée, elle provoque un léger jeu dans l’axe de la pompe, et donc une usure prématurée et exponentielle de la roue. 

Nous décidons donc de nous arrêter une nuit à Porto pour aller chercher une nouvelle clavette, et réparer définitivement le moteur.

L’arrivée à Leixoes se fait par le brouillard le plus épais que nous ayons jamais vu, nous ne distinguons meme pas une lueur à 5m du phare d’entrée. La corne de brume retentit quelque part, nous bénissons notre radar. Nous repartons dès le lendemain matin.

 


 

18 octobre : Porto > Nantes

Nous espérons attraper la fin d’une dépression et être portés jusqu’à Nantes ou presque, mais encore une fois, c’est trop demander…

Après 30h de vent au près et un passage très sportif du cap Finisterra, nous terminons cette traversée du Golfe de Gascogne au moteur.

 

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22 octobre : nous voici enfin à Nantes, où nous allons nous installer pour un an !

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