Février 2019 – El Hierro

A Madeleine

 

El Hierro, on était censés y passer seulement quelques jours. Mais comme à chaque fois que l’on essaie de prévoir des choses, tout part en cacahuète.

 

 

3 février – La Estaca

Venant de La Gomera avec une météo complètement bof, on décide de s’arrêter au premier port de l’île, La Estaca. Grave erreur… Le port est tout neuf, rien à dire sur les infrastructures, mais qu’est-ce qu’il est vide ! Posé au milieu de rien, pas un commerce à moins de 15 bornes, c’est en fait un simple terminal de ferry desservi par quelques bus. On fait du stop pour aller voir la capitale de l’île, Valverde, mais comme on est dimanche et qu’il est 16h, tout est fermé aussi…

Le repos fait quand même du bien. Quelques bateaux de location arrivent, dont un dirigé par des russes visiblement bien embêtés.

Eux – Vous savez s’il y a un maître voilier ici ?

Nous – Mes pauvres petits, vous êtes pas rendus. Qu’est-ce qui vous arrive ?

Eux – Notre génois est tout déchiré, l’agence de loc ne veut rien faire, on a un peu peur de le ramener comme ça…

Nous – Marion a fait une formation voilerie, elle peut jeter un coup d’œil, on a peut-être de quoi réparer ?

3h plus tard, leur génois est comme neuf, ils repartent contents et on repart avec deux bouteilles de vin et un joli billet ! Mille mercis à eux !

 

 

6 février – La Restinga

 

Chloé et Ju’ partent à l’assaut de l’île à pied, et nous mettons le cap sur la Restinga, le deuxième port d’El Hierro. On espère y trouver de la vie, pouvoir plonger, et éventuellement retrouver Jules qui y est depuis peu avec son bateau.

L’arrivée est musclée : de nuit, par 25 nœuds de vent et avec la houle qui va bien. On s’amarre tant bien que mal sur le quai des gros bateaux, pas vraiment fait pour les voiliers, et on décide qu’on trouvera une meilleure place le lendemain.

 

Au réveil, on découvre doucement la petite ville préservée, à l’écart de tout mais ne manquant de rien… La Restinga, c’est une histoire d’amour à bien des égards. La vie de ponton se fait tout naturellement, avec le café à bord de Vénus II, le déjeuner sur Aukena, un kéfir sur Maïna et puis un gros barbeuc tous ensemble sur la plage. Les journées sont douces et les soirées parfois trop arrosées. Mousse fait sa première rencontre féline de bateau, se prend quelques coups de patte, mais dans le fond c’est sûr qu’elles se sont bien aimées avec Fatima.

 

A La Restinga, on plonge aussi, et les fonds sont incroyables : les formations de lave s’empilent et se déroulent par 50m de visibilité, les poissons sont là, les fonds vertigineux. The Green Shark est un centre PADI 5 stars dirigé par le suisse Alexis, et quand il me dit qu’il propose également des stages de Divemaster, je regrette immédiatement de ne pas avoir passé un mois ici…

 

On n’est pas vraiment certains d’avoir le droit de plonger dans le port (toute la côte est une réserve naturelle nécessitant une autorisation), mais on se l’arroge. C’est l’occasion parfaite de faire faire un baptême à Chloé et Julien, leur expérience sous-marine se limitant à un ou deux essais de snorkeling en masque et tuba sans beaucoup de profondeur.

On met en pratique notre formation toute neuve, et même dans l’enceinte du port, on croise tortues et raies !

 

 

9 février – Un retour en France

Madeleine, la grand-mère de Marion, est décédée en début de semaine. Du haut de ses 96 ans, c’était une grande dame dans sa prime jeunesse, à l’esprit aussi doux qu’acéré. Elle nous manquera terriblement.

Marion prend donc un avion pour passer du temps en famille, et reste donc une semaine en France. Antoine garde pendant ce temps le bateau avec Chloé et Julien, ils s’activent pour que tout soit prêt pour notre adieu à l’Europe.

 

 

19 février – Traversée vers le Sénégal

Le cœur est lourd, l’Europe est derrière nous, on ne pense pas la revoir avant un bout de temps… Il y a 800 milles environ entre Hierro et Dakar, en comptant une boucle un peu plus large pour éviter les côtes de la Mauritanie où l’on pourrait voir quelques pirates.

Tout se passe au mieux, le vent est stable bien que faible pendant les 5 premiers jours (environ 8 nœuds de NE au portant). On sort notre spi M. Patate des années 80 plusieurs fois, et on passe quand même une nuit au moteur.

La pleine lune nous accompagne dès 21h les premiers jours, elle éclaire tout et ne laisse aucune place à la beauté de la nuit, Marion déteste ça.

 

Niveau pêche, c’est une catastrophe : au moins une touche par jour, mais qui casse systématiquement toutes les lignes. On bataille 15min pour remonter un thon d’au moins 20kg à un mètre du bateau, tout ça pour qu’il se libère d’un dernier coup de queue en voyant notre épuisette. On croise même un dauphin plus bête que la moyenne qui nous arrache l’un de nos meilleurs leurres…

Ce n’est que le 6ème jour que nous arrivons à remonter une jolie bonite de 2,5kg, au moins l’honneur est sauf !

 

27 février – Arrivée à Dakar

 

Il n’y a rien de plus frustrant que de freiner volontairement son bateau pour ne pas arriver de nuit quelque part. Pourtant, c’est ce que nous sommes obligés de faire les dernières 24h : l’harmattan s’est levé et nous filons à 7 nœuds vers Dakar, mais l’arrivée est prévue… à 2h du matin. Sachant que la grande baie est envahie de pêcheurs qui éclairent leurs chaloupes quand ils veulent, et leurs filets pas très souvent, c’est vraiment pas une bonne idée.

On prend donc 3 ris dans la GV et enroulons les ¾ du génois, et avançons mollement à 4 nœuds.

 

L’harmattan, c’est bien pour avancer, mais sinon c’est quand même le pire vent du monde. Ca transporte une poussière de sable fin du désert, bien orangée, qui se colle PAR-TOUT sur et dans le bateau, dans les habits, dans les tiroirs, dans le slip, enfin partout. Et on en a vraiment marre, d’autant que c’est pas demain la veille qu’on aura une bonne pluie pour laver tout ça…

 

 

L’article sur Dakar et le reste du Sénégal arrivera en mars !

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