Août – Nov 2020 : L’hiver avec un grand H

Dans le précédent article, je pensais taper fort avec un chiffre, 152 jours de quarantaine. Naïve et innocente que j’étais… Au 9 novembre de cette merveilleuse année 2020, nous avons officiellement atteint les 235 jours de fermeture de frontières en Argentine.

Aukena n’a donc toujours pas navigué plus loin que la baie d’Ushuaia depuis le 9 mars. Pour changer d’horizon, nos corps de marins ont dû réapprendre à marcher, skier, escalader, voire à visiter les cieux en parapente faute de glisser sur l’eau.

Allez, petit condensé de vidéos sans aucun contexte ni explications. Si vous voulez du détail, photos et textes un peu plus bas !

Alors en bref, l’hiver à Ushuaia, c’est comment? Réponse: C’EST FROID. Et c’est sombre (7h de jour en théorie en juin, en pratique 4h de soleil direct à cause des montagnes)

Mais finalement, ce n’est pas beaucoup plus froid que ma Bourgogne natale. Avec un record de -10ºC en juillet (-15ºC ressenti avec le vent), on n’est pas non plus sur du pôle Nord. Ou alors on s’est habitués ?

Par contre, on note légèrement plus de neige qu’au pays du Chablis:

Et puis on en est arrivés là

Alors la neige sur le bateau c’est rigolo, c’est incongru, et Mousse s’enfonce dedans jusqu’à n’avoir que les oreilles qui dépassent. Mais c’est surtout bien pour faire du SKI, et quitte à être bloqués ici on s’est dit qu’on allait en profiter. En plus des sessions de ski de rando, on s’est offert un pass 10 jours à la station joliment nommée Cerro Castor, pour la somme faramineuse de 70€ (merci le taux de change de l’Argentine).

 

Le gros GROS avantage de cette année 2020, c’est qu’avec les frontières fermées, il y a zéro touriste. Cela va sans dire que la population d’Ushuaïa est loin de remplir à elle seule les 30km de pistes, nous avons donc eu en moyenne 13 secondes d’attente aux télésièges, le bonheur de faire les premières traces quasiment tous les matins, et globalement toute la station pour nous tous seuls…

Vue depuis le sommet de la station
Certes c’est pas les 3 Vallées, mais à 7€ par jour on ne demande pas mieux !!

Sauf que mine de rien, 30 km de pistes quand tu ne fais jamais la queue, tu en fais vite le tour. Nous avons donc mis de côté nos talents de skieurs le temps d’une journée pour nous essayer au snowboard : ce que l’on en retient, c’est que ni nos fesses ni nos rotules de nous remercient.

 

Tout l’hiver, Antoine est comme un enfant dans un magasin de bonbons : outre le ski et le snow, il se (re)lance dans le parapente, découvre l’escalade de glace et fait un peu d’alpinisme et même du ski de fond. Certaines de ces activités dépassant clairement mon niveau de confort ou de motivation, pour moi c’est merci mais non merci.

Mousse non plus ne voit pas l’intérêt d’aller se cailler dans la neige, alors qu’une bonne sieste…

 

30 septembre – fermeture de la station de ski et petit confinement surprise

Pour la dernière grosse semaine de neige de l’hiver, le gouvernement décide soudainement de fermer la station de ski un jour plus tôt que prévu, et tant qu’à faire de décréter un nouveau confinement strict d’une semaine.

Sauf que la montagne à Ushuaïa, c’est sacré : pas contents, les Argentins descendent dans la rue, et le doux bruit des manifestations nous rappelle notre chère patrie. Mais contrairement à la France, les manifestations ont l’air d’avoir un vrai effet, et les activités reprennent très rapidement. On peut donc continuer notre petite vie, mais on raccroche les skis faute de vrai neige.

Pendant 2 semaines, on retourne même à l’école pour une formation de secourisme qui nous servira en montagne comme en bateau : nous somme donc très fiers de pouvoir aujourd’hui faire un massage cardiaque en espagnol.

FUN FACT: On a l’habitude de faire le massage cardiaque sur le rythme de « Stayin’ alive » des Bee Gees (en plus les paroles collent plutôt bien), mais ça marche aussi avec la Macarena (hashtag SudAmerica). Après il faut pas faire le petit saut à 360 en se claquant le fessier, sinon tu foires ta réanimation…

 

coup de foudre gastronomique : Kalma

En cette période d’hiver Covidé, on sait bien que la seule bouée de sauvetage a été pour beaucoup la bouffe. On vous partage donc THE découverte culinaire de l’année à Ushuaïa : le restaurant Kalma. On est sur du niveau Top Chef, au prix d’un Flunch en province (encore une fois merci le taux de change). Souvenir ému du dessert « miettes d’amandes caramélisées au chocolat et à l’huile d’olive » (sisi je vous assure).

Ceviche de l’espace intersidéral

 


Ce n’est pas donné à tout le monde de voir la Patagonie en hiver, et encore moins aux navigateurs qui se cantonnent bien souvent aux mois de décembre-janvier, plus propices à la navigation. C’est donc une vraie chance d’avoir pu découvrir cette région incroyable sous son manteau blanc, où l’on apprécie pleinement le sens de l’expression « fin del mundo ».

Malgré les doutes, malgré l’angoisse de la pandémie, nous avons choisi de mettre à profit chaque seconde de notre escale à Ushuaïa. Continuer notre voyage tel que nous l’avons toujours fait, découvrir, bouger et apprendre (oui, c’est possible même dans le respect des gestes barrières).

 

Mais la suite alors ? Antoine doit rentrer en France mi-janvier pour travailler quelques mois, et de mon côté j’ai choisi de rester ici pour garder le bateau. Probabilité de changer de plans 63%, en fonction de mon déficit de vitamine D qui me poussera peut-être à aller chercher le soleil et les palmiers…

On termine sur un florilège photographique éclectique et Patagon(ien?), pour voyager depuis sa chaise de bureau.

 

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Fineau Paul dit :

    D’occasion le chauffage était trop puissant, j’avais fais une installation compliqué une cheminée de gaz brûle et une cheminée d’air frais. J’avais fait ce montage pour pouvoir chauffer , le bateau tout fermé.. Les doubles conduit mon coûté une fortune. J’espère au moin que ce travail, vous en profité pleinement. Toute les bussents sont avec une couche de l’aine de verres entre les doubles parois.

  2. Danièle André dit :

    Merci Marion et Antoine, d’embellir par votre belle aventure, de belles photos et un commentaire sympathique et qui ne manque pas d’humour, notre malheureuse condition de terriens confinés et menacés par l’ennemi invisible. Sans parler de la grisaille habituelle qui baigne la belle capitale bourguignonne! Et même pas de neige!
    Je vous souhaite une très belle année 2021, et une bonne continuation de votre magnifique voyage.
    Bises
    Danièle

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